C'est ti-par, en voiture Simone. Je vais passer une semaine chez me mère, qui ne semble pas péter la forme ces dernièrs temps (heureusement mon Douninou d'amour m'accompagne!!!)
Cependant, avant de commencer à tout préparer, une speciale casse-dédi à Monsieur Népo, de la part de feu Floquet de Neu, illustre barcelonnais.
PS : Si tu le souhaîtes, je peux même aller me recueillir religieusement sur sa tombe en ton nom...
Où je comprends que Venise ne sera plus jamais la ville des amoureux
Je ne m'habituerai jamais aux formulaires administratifs français. je n'ai jamais compris l'intérêt de certaines pièces jointes (mais qu'est-ce donc un fiche d'Etat Civil?) ou de certaines catégories improbables à cocher (Mme, Mlle, nom de jeune fille, ces archaïsmes ont disparus en Espagne à l'aube du XXème siècle!). Mais c'est bien la case "situation familiale" qui produit sur moi l'impression d'étrangeté la plus forte.
Au cours de ma relation avec Jérôme, jamais je n'aurai réussi à cocher la case "Pacsé" de façon naturelle et spontannée, à la façon dont je note ma date de naissance. L'effet est d'autant plus fort aujourd'hui, que j'ai rompu avec jérôme en janvier 2005. Mais aux yeux de l'administration, je suis toujours Pacsé avec lui, on reste couverts par nos mutuelles respectives, et on peut toujours faire jouer nos points pour les mutations. Pas pour longtemps. La procédure de dépacsage est engagée. Et depuis que je l'ai engagée, cette formalité administrative n'arrête pas de faire remonter à la surface les souvenirs de ma rupture réelle.
Je me souviens particulièrement de ce week end à Venise, surréaliste. On fêtait nos cinq ans de vie commune. Quelques jours avant, j'avais trompé pour la première fois Jérôme. J'avais découvert à nouveau à quel point baiser peut faire du bien, à quel point ça peut te faire sentir vivant. Avant de passer à l'acte, je croyais naïvement que je réussirais à baisouiller de temps en temps à droite à gauche, et à rester dans ma confortable relation de couple. Je savais, ou je me doutais plutôt à l'époque, que les nuits de beuverie où mon copain rentrait à de heures pas possibles s'étaient probablement finies dans quelque salle sombre que la morale repprouve.
Le week end à Venise fut donc surréaliste. J'avais déjà décidé que je quittais Jérôme, et je me retrouvais dans la ville romantique par excellence. Heureusement, je suis doté d'une impressionante capacité à m'évader du monde réel. Je me suis plongé dans la lecture du guide historique et dans la contemplation des Titien, des Tintoret et des Tieppolo qui ornent les palais, les eglises, et les maisons de Charité de cette ville surprenante.
Du coup, aujourd'hui mon homme refuse catégoriquement de passer un week end en amoureux là-bas, de peur que je le quitte au retour!
Où je commence à ressembler aux blondes hollywoodiennes...
Ça y est, la procédure administrative est lancée. La machine est en route. Je vais rompre mon premier Pacs. J'enterre définitivement 5 ans de vie commune, 2 ans de mariage, beaucoup de bonheur, et beaucoup trop de non-dits aussi.
Merci Jérôme pour tout ce que tu m'a appris. Tu a cueilli un adolescent gâté qui ne connaissait rien à la vie et tu l'as transformé en l'adulte quasi responsable que je suis maintenant. Mais le fruit de ton travail ne t'était pas destiné...
Comme je ne suis qu'une blonde américaine qui ne connaît pas les vertus de la patience et qui veut encore croire que l'amour est éternel, je commence déjà à préparer mon deuxième Pacs. Et cette fois, il sera célébré, comme on dit chez nous, "por todo lo alto", en grande pompe. Pas question de se conformer avec une signature dans un bureau minable, comme la dernière fois. Grosse fête prévue en septembre prochain, familles amis et tout.
Mon Dieu, à ce rythme là, à 50 ans, j'aurais déjà divorcé 10 fois...
PS : ce soir, j'enterre mon côté blonde et je sors mon costume d'hétéro bof pour aller hurler devant le Barça-Milan AC!
"Dans les années trente, c'est encore par l'intermédiaire de la carte que les pouvoirs publics donnent satisfaction aux groupes sociaux qui rendent les étrangers responsables de leurs malheurs. On ferme un peu plus la frontière, en 1934, en ne délivrant plus de cartes pour une durée supérieure à onze mois ; le principe du renouvellement automatique pour les étrangers présents en France depuis plus de cinq ans est remis en cause. En août 1935, on oblige les artisans à posseder une carte d'identité spéciale avec mention de leur activité professionnelle, valable uniquement dans le département et pour le metier exercé. Le Front populaire enfonce le clou en créant un document spécial confirmant la "carte des artisans". En 1938, de nombreuses mesures renforcent ces disposotions contraignantes, qui culminent avec les décrets-lois du 12 novembre 1938 : les commerçants étrangers sont désormais contraints de se faire remettre une carte avec la mention "commerçant" en première page. En juin 1938, est établi le "livret sanitaire" pour tous les étrangers en plus du certificat antérieur. Le gouvernement de Vichy trouve ainsi le terrain tout préparé pour la législation xénophobe et antisémite. La carte d'identité imposée aux juifs étant la mesure qui précède immédiatement les rafles "
NOIRIEL Gérard, Le creuset français, Histoire de l'immigration XIXe-XXe siècle, Paris, Ed. du Seuil (coll. Points Histoire), 1988, p 91. (à lire absolument !!!!!)
Ce qui changera pour les étrangers Un visa de long séjour obligatoire après le mariage avec un Français
Désormais, le conjoint étranger d'un Français devra présenter un visa de long séjour pour avoir droit à un titre de séjour. Si le couple s'est constitué en France, l'étranger devra donc retourner dans son pays d'origine chercher le sésame. [..] . Les associations pronostiquent que de nombreux conjoints de Français, rendus inexpulsables par le mariage, préféreront rester en France, sans papiers. Six mois de plus pour faire venir sa famille, et des garanties à fournir
Les conditions du regroupement familial sont durcies. Le délai pour le solliciter est allongé, passant d'un an à 18 mois. L'étranger devra offrir des garanties sur ses conditions de vie, en termes de logement et de ressources, que de nombreux Français n'atteignent pas. Il devra également répondre à des critères assez flous «d'intégration républicaine dans la société française». Le conjoint et les enfants entrés en France devront attendre trois ans au lieu de deux aujourd'hui pour pouvoir solliciter une carte de longue durée, délivrée de façon discrétionnaire par la préfecture. Finie la régularisation automatique après dix ans de présence
La disposition permettant une régularisation après dix ans de présence habituelle en France, même clandestine, est abrogée. Pour les associations, cette suppression, loin d'inciter les sans-papiers à rentrer dans leur pays d'origine, va créer des hors-la-loi à perpétuité. Multiplication des obstacles pour obtenir une carte de séjour de dix ans
Les conditions d'obtention de la carte de long séjour, qui est valable dix ans, sont durcies. [...] Par ailleurs, la délivrance de ces cartes sera laissée au pouvoir discrétionnaire de l'administration : la délivrance «de plein droit» instaurée en 1984 disparaît. [...] La carte de séjour temporaire supprimée en cas de licenciement
Les cartes de séjour temporaire, en général valides un an, pourront être retirées si cesse l'une des conditions de délivrance. Si l'étranger est par exemple licencié ou, pour les malades en cours de soins, si un traitement est jugé possible au pays. Un nouveau titre de séjour de trois ans baptisé «compétences et talents»
Un titre de séjour de trois ans baptisé «compétences et talents» est créé pour l'étranger «susceptible de participer au développement de l'économie française ou au rayonnement de la France dans le monde».
Libération, 25-04-2006.
J'espère que mon amalgame ne sera pas jugée hasardeux, et qu'il ne fera pas pousser des cris d'horreur aux censeurs bienpensants.
Au cours de sa vie, l'Homo Asbelus rencontrait de nombreux partenaires sexuels, ce qui ne constituera pas une surprise pour les chercheurs familiarisés avec l'homosexualité des origines.
Cependant, l'Homo Asbelus montrait aussi une tendance récurrente à s'installer en "couple".* De nombreux documents font état d'un certain (****) dont il aurait été follement amoureux :
* La notion de "couple" renvoie à une structure socioculturelle largement répandue à l'époque, qui consistait à partager les ressources économiques et l'habitat s'appuyant sur des justifications de l'ordre de l'affectif.
C'est à la croisée de disciplines comme la microsociologie, l'anthropologie et l'éthologie animale, que toute la compléxité des relations de l'Homo Asbelus avec son clan se laisse saisir.
L'indépendance apparante acquise par l'Homo Asbelus à la fin de la puberté et l'éloignement géographique qui en découle ne doit pas faire illusion : les liens familiaux restent déterminants.
A l'époque où évolua l'Homo Asbelus, il existait une pratique sociale que des souces différentes désignent sou le nom de "travail", ou "boulot" ou "trimer comme un malade".
Il est aujourd'hui établi que l'Homo Asbelus connut lui aussi le "travail", et que cette pratique se déroulait sur un site appelé "Université":
Les checheurs, en s'appuyant toujours sur le maigre corpus textuel dont ils disposent, ont de même réussi a établir que l'Homo Asbelus participait à d'étranges rites apotropaïques consistant à disposer des feurs dans des vases sacrés à des endroits clé de son habitat :
Et oui, les dernières découvertes archéologiques ont permis de mettre en évidence que l'Homo Asbelus aimait la politique, adorait la polémique, et portait un culte rigoureux au socialisme. La récupération de certains textes que l'on croyait perdus en témoigne :
A l'époque où évolua l'homo asbelus, les décisions collectives étaient prisse par un système de gouvernement aux mécanismes fort complexes pour un résultat moralement fort insatisfaisant appelé démocratie. L'investiture d'une dénomée Ségolène Royale à la tête d'une organisation dénommée Parti Socialiste aviva les passions de l'Homo Asbelus, qui dut entamer une longue et douloureuse digestion :
PS : Suivre une finale par le site internet de l'Equipe, beh ça réussit quand même à vous tenir en haleine. Surtout quand ça clignote pour les balles de match. Super flashy, le concept!
Où je cherche la façon de me faire offrir des choses sans avoir l'air de les exiger..
C'est toujours pour ces occasions que l'on regrette d'être loin de chez soi! Sant Jordi, ma fête préférée, avec toutes les rues de Barcelone innondées de roses et de livres.
Aujourd'hui, tous les catalans vont offrir une rose à leurs femmes, en souvenir du rosier qui a poussé sur le sang du dragon abattu par le chevalier Saint George.
Les catalanes offriront ensuite un livre à leurs hommes, pour célébrer l'anniversaire de la mort de Shakespeare et de Cervantès, qui sont mort à la même date (23 avril 1616), mais pas le même jour (malin qui résoudra l'énigme). En un seul jour les libraires feront 20% de leur chiffre d'affaires annuel!
La distance n'empêche pas de respecter ses obligations filiales, et j'ai pris mes dispositions pour que ma mère soit réveillée par un grand bouquet de roses. Mais moi, qui va m'offrir un livre ? ou une rose? ou une rose et un livre? Malgré tous les appels du pied qu je lui ai fait, Az ne semble pas avoir saisi...
PS : Quand je pense que la salope de ma soeur, qui vit à México, à l'autre bout du monde, a réussi à se faire offrir des roses tous les ans, par ses différents copains, et ce sans avoir fait le moindre appel! Les méxicains sont assurément plus galants que les français!
M* m'a fait les yeux doux cette après-midi. Venga, je pars demain, accompagne-moi faire les magasins, porfa...
Du coup, on a fini le parcours à Ombres Blanches, et je n'ai pas pu résister :
Enfin une réedition de Francis! où comment un énième talent de Fluide Glacial, magazine largement sous-éstimé, fait ses preuves auprès du public "alternatif".
La belle citation de Leon Blum sur le site de Stevezizou a fini de me décomplexer. Au placard la mauvaise conscience que j'ai héritée de mes années dans une fac de lettres tendance ultra gauche. Je fais mon deuxième coming out :
Des points communs entre la backroom du Dépôt et mon Université...
Réunion pédagogique ce matin à l'Université, sur fond de bruits de couloir comme quoi le commité de lutte préparerait le reblocage de la fac. L'administration nous a demandé de faire une session d'examen light, voire ultralight (0% de matières grises). Dissertation en 2 heures. Suspension des évaluation orales (super pour une fac de langues!), etc. Les étudiants sont ravis quand on leur dit, mais vu leurs faibles prestations au CAPES dans ces deux domaines, on en reparlera dans deux ans...
En sortant de la réunion, j'en profite pour faire un tour d'évaluation des dégâts. J'imaginais retrouver un UFR transformé en camp de bataille, et finalement, pas grande chose de nouveau par rapport à son état de délabrement habituel. Le choc est plus dur en rentrant dans le Hall de la grande arche, l'édifice soit-disant "prestige" de la fac. Chaque centimètre de mur a été peint dans le meilleur des cas, tagué dans le reste. Le hall est de haut en bas déssiné, affiché, sculpté, banderolé. L'effet est assez saisissant. J'avoue que le barroque et le surchargé exercent sur moi un fort pouvoir de séduction. Ça change des élégantes formes pures en béton de l'arche, mais y en a marre de la dictature du bon goût Bauhaus-ikéa-dépouillé-japonais!
Je monte d'étage en étage, et au dernier, un check point du comité de lutte m'attend, dernier rempart d'un mouvement étudiant moribond. Ils me dévisagent suspicieux. Je comprends, car lentement mais sûrement, le virus de la paranoïa est entrain de s'installer sur le Campus. J'en ai confirmation quelques minutes plus tard, lorsqu'avant de partir je décide de faire un tour par l'AG des étudiants. Mauvaise ambiance assurée. Deux champs affichées, grévistes et antigrévistes, qui se disputent la tribune pour savoir qui va dire la plus grosse connerie. La palme pour cette étudiante en histoire qui propose de voter pour l'illégalisation ad aeternam des AG étudiantes du la fac. Et puis quoi encore?
Tout le monde se dévisage. Tout le monde se demande qui en est et qui en est pas lorsque les regards se croisent silencieusement. Je me croirai presque dans l'avant salle d'une backroom!
... avec ce que j'ai appris aujourd'hui en formation "initiation au html", mais personne ne remarque.
PS : Vous vous souvenez du copain du narateur dans extension du domaine de la lutte? (Mais oui, celui qui est puceau et qui est responsable des formations en informatique pour les fonctionnnaires... c'est quoi son nom déjà?) Beh mon formateur, aujourd'hui, c'était lui. Epatant, n'est-ce pas?
Comme tous les ans, même jour même heure, je suis victime de la malédiction du rhume de début de printemps. Ça m’apprendra à mouiller la chemise sur les podiums jusqu’à 6 heures du matin puis sortir découvert dans le froid des aubes printanières. Du coup, j’ai dormi affreusement mal, me levant tous les 30 minutes pour me moucher, et je n’ai pas entendu la sonnerie du portable. Lorsque j’ouvre les yeux, le réveil marque 8 h 46. Je mets un certain temps à réaliser ce qui m’arrive : je dois prendre le train pour Albi dans moins de 20 minutes. J’hésite quelques secondes. Tan pis, j’y vais pas. Je suis malade comme un chien. Je me ferai faire un certificat. Puis la mauvaise conscience me rattrape (salope!). C’est la rentrée après plus d’un mois de grève. Mes étudiantes sont hystériques, à en croire le bombardement mailique dont je suis victime depuis quelques semaines. Il faut que je sois là, que je les rassure. D’ailleurs, j’ai des tonnes de devoirs à la maison à distribuer pour rattraper le temps perdu.
8 h 47 je saute du lit, j’enfile les fringues qui traînent par terre je prends mon sac. Pas le temps de me brosser les dents, ni ça va de soi, de me doucher. Je me sens crade. 8 h 49 ; je suis dans la rue. Je cours. Je réfléchis à la stratégie à adopter. Normalement je vais à pied à la gare, mais aujourd’hui, le métro s’impose : les 5 minutes gagnées seront précieuses. J’ai acheté un carnet hier, donc ça fait quelques secondes de gagnées. Je n’y arriverai jamais. La sortie du metro débouche sur les quais, mais les guichets sont à l’autre bout de la gare. Mais n’y avait-il pas des guichets automatiques dans la station de métro ? Pourvu qu’ils ne soient pas en panne… 8 h 52, je rentre dans la bouche du métro, je dégringole les escaliers et j’arrive juste à temps sur la rame pour bondir dans un wagon. Je souffle un peu. Un état des lieux s’impose. Je suis toujours malade comme un chien, ça le fait pas. Je suis crade. Heureusement, hier je me suis levé tard, douché tard, et couché tôt, donc les fringues ne devraient pas être trop sales. Alors pourquoi le boxer me gratte-t-il autant ? Dégoûté, je me rends compte que j’ai enfilé le boxer du dimanche, celui que je portais en boîte. Beurk. Remarque, ça aurait pu être pire. J’aurais pu mettre le T-shirt, du Dimanche, qui sent bon la clope et l’alcool…
8 h 58, je suis à Matabiau. Les guichets automatiques fonctionnent. Tout roule, c’est un miracle. Le train m’attend sur le quai. Il part, réglé comme une montre suisse, à 9 h 04. Je souffle à nouveau, puis je vais aux toilettes, histoire de me moucher un peu car mon nez coule comme les chutes du Niagara. J’en profite pour essayer de me passer un coup d’eau sur les mains et la figure. Evidemment, c’était trop beau, le robinet ne marche pas. Je me regarde dans la glace, et je remarque ma coiffure sorti-du-lit. Il y a en qui vont bien rigoler en cours. Je me dis que je vais jamais arriver à assurer 5 heures de cours, que ma tête est sur le point d’exploser, que mon nez est devenu la source du Nil, mais je sais très bien, que dès que j’aurais franchi la porte de la classe, l’adrénaline va parcourir mes veines, l’écoulement nasal s’arrêtera, le mal de tête s’envolera et la fatigue disparaîtra. C’est presque comme faire l’amour.
Pourquoi est-il si difficile de trouver un taxi en France? et surtout pourquoi est-il si difficile de trouver un taxi en sortant de boîte à 6 heures du matin?
Pourquoi construit-on tellement de boîtes en dehors du centre ville? C'est pour que les jeunes se tuent sur la rocade?
Pourquoi les organisateurs du concert de Vitalic ont choisi une de ses boîtes? Chuis sûr que le proprio c'est un mafieux, en plus!
Pourquoi Vitalic n'a commencé à mixé qu'à 4 heures du matin? et surtout, pourquoi Damien a insisté pourqu'on arrive là bas 3 heures avant?
Pourquoi une bonne soirée doit toujours finir aux aurores? qui a imposé cette règle de merde?
ET surtout, surtout, pourquoi dois-je travailler un Lundi de Pâques alors que j'ai la tête dans le cul...
Bon Lundi de Pâques à tous, et en particulier, à ceux qui travaillent!
Où j'apprends comment le PCF peut remporter des élections.
Le Samedi, c'est couscous party. Mon homme a donc passé l'intégralité de la journée enfermé dans la cuisine, pendant que je glandais allègrement devant la télévision. Faut dire qu'à force, les rouages de la machine commencent à être bien huilés, et quand les invités sont arrivés, l'appart était impécable, la table dressée, et le repas presque prêt. Après les désertions de dernière heure d'usage, on se retrouve en petit comité, avec Agnès et Fabien, couple de militants strausskhanniens, et Laetitia et Mohamed, sympathisants de la LCR. Malheureusement la biénséance s'impose, et aucun sujet polémique ne surgit. C'est le problème de mélanger des gens qui ne se connaissent pas : on finit toujours par parler de la pluie et du beau temps!
Heureusement, Laetitia et Mohamed sauvent la soirée en racontant leurs vies de jeunes profs. Laetitia vient d'être nommée en zone de remplacement à Puybrac, la ville nouvelle où vivent les cadres sup d'Airbus. Le collège est moins prestigieux que le collège de centre ville Pierre de Fermat, mais il l'explose tous les ans au niveau des résultats. Du coup, Laetitia se retrouve devant une classe de petits robots de cinquième qui lui demandent de faire des cours suplémentaires. Cette semaine, elle leur a distribué un texte fantastique où il était question du Saint Graal et de la disparition de Merlin. A la question de quoi parle le texte, elle se voit répondre par la bouche d'un nabot, que l'auteur a voulu symboliser l'émergence du monde chrétien et l'effacement de l'univers païen celtique. Elle n'a pu qu'acquiescer et demander à la classe de noter le commentaire.
Le repas fini, le ventre explosé et les lèvres tâchées par le vin on se déplace au salon pour essayer un nouveau jeu qu'a sorti Charlie Hebdo et qui fait effectivement très Charlie Hebdo. Ca s'appelle des thunes et des urnes, et il s'agit, vous l'aurez deviné, de conquérir le pouvoir. Je prends la tête du PCF, le parti des camarades fatigués (un truc comme ça), "où il est aussi question de barbus et de martyrs ouvriers, mais qui s'est débarassé de tous les rouges qu'il nourrissait et du coup, de tous ses militants". Malgré les magouilles de la gauche-point-trop-n'en-faut, je réussis à remporter les élections, et je me couche en Président de la francie.
Je travaille dans une dimension parallèle, et la porte intergalactique qui donne accès à ce monde hors normes est la grande arche de l’Université.
Hier encore, cette réalité m’est apparue dans toute sa vérité. J’étais parti pour passer une matinée studieuse à la maison de la recherche, que j’imaginais rouverte suite à la supposée détente dans le conflit. Naïveté quand tu nous tiens ! Les portes de la MDR étaient barricadées de haut en bas. En même temps, je ne peux pas en vouloir aux étudiants, car c’est l’esprit borné de certains profs qui nous a conduit à cette situation désastreuse. De tout temps, on a réussi à négocier pendant les grèves que l’on épargne la MDR pour pouvoir poursuivre l’activité de recherche et maintenir les cours de Master et de concours. Evidemment, le comité anti grève a profité de cette faille pour commencer à tenir des cours de première et de deuxième année, et ce malgré l’interdiction formelle de la Présidence de l’Université, qui considère que ce genre d’attitudes ne peut mener qu’à un réchauffement des esprits. Resultat : quand le comité de lutte l’a appris, il nous a enlevé, assez légitimement, notre dernier refuge.
Bref, je me préparais à repartir travailler à la maison, quand j’aperçois dans le grand patio une longue colonne formée par le personnel qui investit lentement un amphi. Je décide, sous les pressions d’un groupe de collègues que je viens de croiser, de m’investir u peu dans la vie de mon établissement en participant à une AG qui s’annonce tendue. D’entrée de jeu, la couleur est annoncée. Les anti grève, qui ont senti le vent de l’opinion tourner parmi le personnel, ouvrent grand leur gueule d’habitude silencieuse. Ils veulent voter le déblocage tout de suite. J’étais venu voter le déblocage aussi, mais je désenchante vite. Putain ce qu’ils sont cons ! Ils savent très bien qu’une AG du personnel, à la différence des AG étudiantes, dure rarement plus de deux heures. La moindre des politesses c’est d’avoir entendu tous les points du jour à traiter.
Les arguments se succèdent d’un côté comme de l’autre. Point fort des partisans de la poursuite de la mobilisation, plusieurs étudiants de notre fac ont été arrêtés de manière manifestement arbitraire. L’Humanité a publié une pétition de soutien qui a été tourné au ridicule par a plupart des faiseurs d’opinion. Pourtant, il me semble évident que, vu les directives du ministère de l’intérieur et du garde des sceaux de faire du chiffre, vite et mal, de nombreux manifestants ont été étiquetés casseurs de façon un peu prématurée. Le symbole à la fac est cet étudiant accusé de banditisme pour avoir deux autocollants anti CPE sur sa plaque d’immatriculation…
Mais le principe de réalité s’impose quand même. La fac est au bord du gouffre. Deux semaines supplémentaires de blocage, et le semestre ne pourra pas être sauvé. 500 mil euros de dégâts. Outre les étudiants qui ont occupé les lieux, il y a les cambrioleurs qui, déjà auparavant visitaient régulièrement cette fac au dispositif de sécurité plus que défaillant, et qui ce sont servi allègrement pendant ces derniers jours. Je suis aussi particulièrement touché par les difficultés financières de la librairie du Campus, qui a du licencier la moitié de ses employés, et par celles des presses universitaires, dont le personnel au statut précaire a également été remercié.
J’hésite jusqu’au dernier moment. La vieille salope derrière moi, qui n’arrête pas de se plaindre, est vraiment trop conne pour que je vote comme elle. Finalement, je fais preuve d’un courage inouï et je m’abstiens. Le personnel vote la fin de la grève et la reprises toutes les activités universitaires, y compris les activités pédagogiques, à compter de demain. Ils rêvent, les pauvres. La présidence a d’ailleurs bien fait comprendre qu’à cause des dégradations, les conditions de sécurité n’étaient pas réunies, et que la reprise se ferait de façon progressive. Reste à savoir ce que voteront les étudiants, qui sont entrain de tenir leur AG dans le jardin. Et là….
On part avec des collègues s’acheter à manger (les petits restos autour de la fac ne semblent pas sinistrés, heureusement…), puis on retourne écouter un peu ce qui se passe du côté des djeuns. La première intervention que j’entends me fait vraiment peur. En gros, et enrobé d’une rhétorique bien plus élégante que la mienne, l’ultra gauchiste qui parle déclare que tous les moyens sont bons pour poursuivre la grève, que le débat sur le blocage est d’emblée stérile et qu’il ne devrait pas avoir lieu, et que vu que plein d’étudiants sont venus que pour voter le déblocage, on devrait repousser ce vote sine die. Au fur et à mesure que je décode ce message simple, camouflé sous des tournures bien plus savantes, je prends peur pour la suite des évènements, d’autant plus que mon entourage ne semble pas précisément choqué. (Est ce qu’ils ont compris, déjà ?). Je suis obligé de partir pour retrouver une énième AG, celle du département d’Espagnol qui se réunit pour voir comment on peut sauver le semestre. A la fin de la réunion, on apprendra que les étudiant ont reconduit le blocage, et que la fac fonce de plus en plus vite contre un mur.
Berlusconi a perdu à cause du vote à l'étranger. Il n'avait pas réussi à acheter toutes les télés mondiales. Tony Soprano regrette de ne pas s'être déplacé pour voter : "Silvio, au moins, on pouvait lui faire confiance en affaires..."
La petite Université d'Albi, indépendante (sur le papier) depuis quelques années, veut s'imposer comme un pôle d'excellence local, la souris qui défierait les mamouths toulousains. Du coup, ils emploient les dernières techniques direction d'entreprise. L'une d'entre elles me rappelle les compagnies aériennes quand elle refusent de donner à l'avance le retard d'un avion, et te font poiroter des heures dans la salle d'attente.
Ainsi, quand le mouvement étudiant était au sommet et qu'une sortie de crise semblait lointaine, la direction persistait dans un optimisme sans bornes, et croyait possible la levée du blocage d'un jour pour l'autre. En conséquence, elle informait les professeurs de la suspension des cours à la dernière minute. En sachant que la plupart des enseignants nous nous déplaçons de Toulouse, c'est quand même vache.
Hier, après avoir écouté sur le 13 heures Julie chaispasquoi de la coordinatrice nationale étudiante, et en l'absence de contre ordres, j'ai conclu que le mouvement s'achevait, qu'il fallait se remettre au boulot, et je me suis mis à préparer tous les cours en retard et à mailer mes étudiants pour relancer la machine.
Réponse le soir, d'un étudiant compatissant qui ne voudrait pas que je vienne pour rien : la fac est toujours bloquée. Et beh dis donc, les albigeois ont été les derniers à se mettre en grève, seront-ils les derniers à l'arrêter? En tout cas, silence complet de l'administration. Même pas un petit mail collectif, histoire de prévenir. J'appelle ce matin pour confirmer. les bureaux sont bien ouverts, et la fac est bien bloquée. Quand je demande des explications sur les défaillances dans la circulation d'information, on me répond que c'était trop tard hier. Mon cul, oui.
les martyrs, les casseurs, les traîtres, et la politique de proximité
On me l'avait dit cette semaine, je ne l'avais pas cru, je suis allé le vérifier avec mes yeux :
Aujourd'hui, place capitole, un énorme drapeau rouge-jaune-violet tronnait sous le balcon présidentiel pour le 75 ème anniversaire de la seconde république espagnole. Et dire qu'il a fallu que je vienne en France pour en voir sur des bâtiments institutionnels!
C'est à la limite de l'incident diplomatique, mais Moudenc, maire UMP de Toulouse et beaucoup plus intelligent que son prédecesseur (l'actuel ministre étranger aux affaires), beh il sait très bien ce qu'il fait. Il a invité toute la Casa de España, influente association d'immigrants espagnols, à un grand banquet républicain. Première victime de cette manoeuvre, Alain Fignola, maire socialiste de Balma et lui même fils de républicains espagnols, qui n'a pas été invité malgré les liens historiques entre la mairie de Balma et l'association...
J'adooooooore la politique.
Sur la même place, quelques mètres plus loin, un triste incident attire mon attention. Une poignée d'anti blocage ont organisé un rassemblement. Malgré le caractère soit disant apolitique du mouvement, il suffit de voir l'âge moyen des assistants et de lire les panneaux pour comprendre par qui ils sont télédirigés:
Bloqueurs = Casseurs
Halte aux méthodes fascistes
etc.
Evidemment, de nombreux branques du mouvement anti CPE sont assez bêtes pour se faire avoir par une provocation aussi évidente. Des insultes fusent. Bousculades, et enfin, face à face. Entretemps, on a été chercher des armes. Les oeufs et les tomates ont remplacé les insultes. Bon, les anti blocage ont enfin ce qu'ils cherchaient :des belles images de martyrs pour envoyer aux rédactions. Ainsi, la ménagère, après avoir pleuré sur les pauvres petits à qui on veut imposer un contrat précaire, pleurera sur les pauvres petits à qui on empêche d'étudier.
Voilà ce qu'a réussi le gouvernement avec ses hésitations : à radicaliser le mouvement, à faire monter les tensions, à diviser les français. Bravo!
Quand aux extrémistes, pfff! Je trouve que c'est un comble d'empêcher les gens de manifester, aussi cons qu'ils puissent être. Bravo!
Bref, j'essaie de parler avec un patron qui a l'air un peu moins con que les autres. Mais difficile de discuter séreinement quand les projectiles vous tombent à quelques mètres : on est obligés de se rappeler à plusieurs reprises les règles minimales du discuter ensemble.
Enervé par la situation, je finis par partir. Le pire de l'humanité s'offre à mes yeux : le sourire béat du martyr, à l'orgueuil démesuré et insultant, et la méchanceté gratuite de celui qui est protégé par le nombre.
Je rentre déprimé et pessimiste.
Que faire d'un samedi ensoleillé ? (à part se lever tard et faire moult câlins...).
Avant, quand j'étais insouciant, j'aurais zoné allègrement en ville, au hasard des terrasses et des pelouses des jardins publics.
Depuis que j'ai le malheur de traîner avec un militant, je fais logiquement des actes militants. Aujourd'hui, dans l'agenda des injustices mondiales à corriger, la plage horaire 14 heures-17 heures était occupée par une manifestation féministe.
En effet, une association de catholiques intégristes avait appelé à une grande messe pour sauver les âmes des touts petits, autrement dit, à un rassemblement anti avortement. En réaction, les associations féministes et homosexuelles de la ville rose, relayées par tous les partis politiques de gauche, ont appelé à une contre manifestation.
On arrive donc sur le parvis de la cathédrâle St Etienne, et surprise, en raison probablement de la forte mobilisation de ces derniers jours, l'appel des féministes a été un succés. L'ambiance est assez festive. Mes amis hétéros n'en peuvent plus, tellement il y a de filles mignones. La chasse est ouverte, c'est le terrain de drague idéal.
Discours, tracts, bavardages, une heure passe calmement.
15 heures, une forte agitation gagne la foule. On se rassemble devant l'entrée. Personne. Entretemps, des CRS ont débarqué un peu partout dans la place. Mouvements de foule. Rien dans l'autre entrée. Au bout d'un quart d'heure de flottement, on finit par trouver le trésor : la messe est célébrée dans un petit jardin, dérrière l'Eglise, protégée par un cordon de CRS.
Les leaders féministes prennent l'initiative. Elles ont la cinquantaine, elles sont encore jolies et determinées, elles organisent à leur tour un cordon. Un face à face s'installe avec la compagnie républicaine de sécurité. Des slogans féministes visent à perturber le recueillement spirituel dans lequel sont plongés les sauveurs d'âmes. Et manifestement, elles y arrivent . Il faut dire que les slogans sont tellement trash et blasphématoires que même moi je suis choqué :
(sensibilités religieuses, s'abstenir d'aller plus loin!)
"Ah si Marie avait connu l'avortement,
nous n'aurions pas tous ces enmerdements! "
Malheureusement, et comme d'habitude, la manifestation prend une tournure de plus en plus violente. Des jeunes de la CNT et de la LCR sont arrivés. Protégés par la foule, ils visent les assistants de la messe avec des oeufs et des tomates. Des gens, quelques organisatrices essaient de les raisonner. Si les CRS chargent, c'est pas eux qui prendront sur la gueule mais les femmes en première ligne, dont certaines sont enceintes. Ils répondent par des insultes. Fuck la société, fuck tout le monde. C'est pas des vieilles féministes embourgeoisées qui vont leur dicter la loi. Toute la fracture (irréconciliable?) de la gauche est dans cet incident. Les dernières sympathies gauchistes de ma jeunesse s'envolent.
Sous les oeufs, les catholiques intégristes restent imperturbables. "Père, pardonne-les car ils ne savent pas ce qu'ils font!" Ils doivent être au bord de la jouissance. De vrais martyrs, sous les cris de haine de la foule, comme dans les cirques romains. Mais les CRS, au début visiblement amusés par la situation, commencent à en avoir marre de tout ce cirque. Vont ils-charger? Pour une fois je suis presque en première ligne... J'ai un peu la trouille.
"CRS tournez vous,
les criminels sont derrière vous! "
Par on ne sait quel miracle, ce slogan semble faire effet. Les donneurs d'ordre ont du estimer que la façon la plus rapide de rétablir l'ordre est de disperser les assistant à la messe. Ces derniers refusent. Quatre CRS soulèvent le prêtre par les pieds et l'embarquent. Les ouailles, ébêtées, déboussolées, suivent la tête baissée. Applaudissement dans la manifestation. On colle un autocollant sur un CRS distraît, qui après un premier geste de protection, décide de le garder et de l'arborer en trophé. La manifestation se disperse lentement. Pour une fois, on ne tarit pas d'éloges sur l'actuation de la police.
Compte rendu de l'Assemblée Générale du foyer du 40 rue X du 7 avril 2006
Tribune : Moi
tribune votée à l'unanimité [1 personne présente]
1.- Bilan des travaux des différentes commissions
-La commission précarité de la vie familiale a travaillé sur les données statistiques récoltées auprès d'un large échantillon de foyers pour essayer d'établir un taux idéal du-temps-passé-ensemble. Elle estime que le taux actuel au 40 rue X est largement en dessous de la moyenne, et que la moyenne 4 réunions hebdomadaires nocturnes au siège du parti, c'est abuser. Et que le vendredi c'est sacré, et que la réunion de ce soir, Az, le parti devrait se la fouttre au cul.
- La commission hygiène estime que les absences répétées d'un des acteurs clés dans le maintient des normes hygièniques du 40 rue X porte un préjudice à cette tâche. La dégradation rapide du cadre de vie est perceptible à l'oeil nu. Suffit de voir la pile de vaisselle et de linge sale.
- La commission précarité de l'équilibre psychologique de l'Andreu estime que passer sa journée seul, à faire sa thèse dans la chambre en attendant le retour de son homme, seul être vivant qu'il croise de la journée, est un facteur de risque majeur pour l'intégrité mentale de l'Asbel, et que des mesures urgentes doivent être prises dans ce domaine.
2.- Texte soumis au vote :
"Le foyer du 40 rue X, réuni en Assemblée Générale le 7 avril 2006, estime que la dégradation rapide des conditions de vie conjugale, imputable en grande partie à un excès d'engagement politique de la part de M. Az, atteint aujourd'hui des côtes alarmantes. L'autisme de M. Az, que des mises en garde successives de son partenaire social et sentimental n'ont pas altéré, n'est pas de nature à désamorcer le conflit. Le foyer du 40 rue X a donc décidé de se mettre en grève illimitée de tâches ménagères, de câlins et de sexe jusqu'à l'ouverture de négociations."
Texte voté à l'unanimité. 0 abstention. 0 NPPV.
3.- Proposition de reconduction de la grève jusqu'à l'Assemblée générale, lundi 10 avril.
Proposition acceptée à l'unanimité. 0 abstention. 0 NPPV.
Sur des garçons en débardeurs, des soupes de tomate et la tension dramatique.
Hier j'ai symboliquement enterré l'hiver. Certes, je n'ai toujours pas sorti du placard les débardeurs, les pantacourt et les tongs. Certes, je ne me suis pas encore mis à courrir le long du canal pour perdre des kilos avant l'épreuve fatale du maillot de bain. Certes, je ne me suis toujours pas allongé sur le gazon des berges de la Garonne, vert de joulousie en constatant qu'en un seul jour, la peau d'Az prend une magnifique couleur dorée. Par contre, j'ai pris le premier gazpacho de la saison. Et ça, ça veut tout dire.
En effet il n'y a pas de plat plus estival que le gazpacho. Et aujourd'hui, plus la peine de passer une après midi à couper les tomates, les poivronset les oignons. Depuis deux ans, l'Espagne s'est rendue toute entière au dernier venu des gazpachos industriels, le gazpacho Alvalle (oui, je fais de la pub éhontée). Par je ne sais quelle obscure formule que je préfère ignorer, cette marque risque de renvoyer les gazpachos fait maison au rayon des oubliettes. Et depuis l'année dernière, on la retrouve dans tous les super marchés français! Bref, je nage dans le bonheur absolu.
Pour régler mes problèmes d'insomnie, il ne me reste qu'à imiter Carmen Maura dans "femmes au bord d'une crise de nerfs", et bourrer le carton de Lexomil.
PS : pour ceux qui gardent l'âme d'un cuisiner, et préfèrent le préparer soi-même, vous n'avez qu'à regarder ce film. Almodóvar réussi le tour de force de faire scander lentement la recette au moment le plus tendu. Quel génie!
3 heures du matin, dans mon lit, Az ronfle à côté. Je réfléchis aus sens de l'adjectif hypertrophié. Je ne suis plus sur de l'avoir employé correctement dans mon dernier post. L'hypertrophie, c'est bien quand un organe est trop developpé, non? En plus "hyper" ça signifie en trop, ou dans le style. Mais je ne suis plus sûr de rien, à 3 heures du matin. D'ailleurs, dans ce cas, comment on dit quand un organe est tout rabougri, tout riquiqui et replié sur lui même? Logiquement, ça devrait s'appeler hypotrophié, mais ce mot ne me dit rien. En tout cas, je ne l'ai jamais entendu, ça je peux l'assurer. Plus j'y pense, plus je me dis que pour désigner l'organe rabougri, en fait, on emploie l'adjectif hypertrophié. Ça ne manque pas de cohérence. Si on suppose que "trophié" renvoie à quelque chose comme "replié" ou même "petit"...
Non. En fait non. Je l'employais dans la thèse, ma directrice l'aurait corrigé.
Je devrais aller regarder dans un diccionnaire, mais j'ai la flemme de me lever. Je réveillerais Az, ça le fait pas.
Je finis quand même par me lever. Je suis vraiment malade.
"Hypertrophié : Augmentation de volume d'un organe avec ou sans altération anatomique. CONTR. Atrophie"
Au moins je pourrai m'endormir avec la certitude de l'avoir bien employé.
Commet gâcher un mouvement contestataire et la large sympathie qu'il provoque.
Je deteste critiquer la France : je ne veux pas rajouter mon nom à la longue liste de déclinologues qui minent le morale de ce pays. Je ne supporte pas non plus de faire des considérations générales sur les caractères nationnaux. Non, les italiens ne sont pas bordéliques et géniaux et les allemands ne sont pas travailleurs et organisés. Et pourtant... parfois...
Je m'explique. Vendredi, en AG du personnel, avec 300 assistants, on vote la manif bruyante d'aujourd'hui au capitole. Résultat : quatre personnes (deux d'après la police). Pourtant il ne s'agissait pas d'une action coup de poing, mais plutôt d'un rassemblement qui demandait un investissement personnel minimal! Car avec les profs de fac, supposés de gauche, mais très putainquestcequejesuisbeauetintelligent dans le fond, la question de l'investissement personnel est centrale. D'ailleurs à l'AG de Vendredi, pour une fois, j'avais intervenu, en proposant d'afficher tous un panneau anti CPE sur nos balcons et nos fenêtres. L'action était simple, demandait un investissement quasi nul, et pouvait rassembler. Réponse : "nous ferons remonter la proposition au syndicats machin-bidule et à la coordinatrice bidule-truc". Si vous imaginiez, quand vous les voyez à la télé, à quel poing les actions "coup-de-poing" sont le fruit d'un accouchement long et laborieux!
Quand je pense que le week end dernier, en Espagne, il a suffit qu'un illuminé ponde ce texto :
"Demain, 22 heures, place X, réunion pour un macro botellón. Fais tourner"
Pour que 2 millions de jeunes espagnols se réunissent pour défendre leur droit à boire dans la rue (je sais, le combat est peu glorieux...),
Quand je pense aux millions de drapeaux qui s'affichaient sur les facades d'Espagne et d'Italie pour contester la guerre. Quand je pense aux centaines manifestations et d'actions spontanées (un mot qui apparament, n'est pas dans le diccionnaire des syndicats).
Le mouvement anti CPE est largement aussi populaire. Hier encore je lisais un témoigange. A la gare de Rennes, les étudiants qui avaient envahis les voies se sont fait évacuer sous les applaudissement de centains d'usagers (blocqués parfois depuis 2 heures) qui criaient "à bas villepin, retrait du CPE". Et pourtant on le gâche, en ne sortant jamais du schéma "manifestation massive". Est ce une question de la mentalité française? (et dans ce cas, la droite ne devrait pas se plaindre de l'inertie du pays, elle en profite tout autant). Je ne l'espère pas, je n'y crois pas, mais parfois...
Où j'apprends qu'en voiture, il ne faut pas écouter la Radio ni regarder le paysage.
Autoroute A9, près de Narbonne, vers 21h. Le soleil se couche. On est fatigués, après un week end agité à Barcelone, un repas arrosé dans le jardin où j’ai réussi à faire manger ma mère, et 3 heures de route. Mon homme conduit, silencieux, je parle :
- Tiens, regarde, on voit le clocher de la Cathédrêle de Narbonne. Bizarre, j’ai fait mil fois cette route et j’avais jamais remarqué. T’as jamais été à Narbonne? Vraiment? Pourtant c’est un noeud ferroviaire.. t’as jamais de correspondance pour Lyon? Beh moi, putain, j’y ai passé des heures à la gare, et à me prommener en ville. La grande place, avec la cathédrâle, et avec le palais des évêques et tout ça, elle n’est pas mal. Ooohhh j’adoooore cette chanson. Monte le son. Ciaoooo amore Ciaoooo amore Ciaooo.
(je siffle sur la musique)
- Beziers 35 Kilomètres. Mais on passe pas par Beziers pour aller à Toulouse?
(silence)
- Et c’est normal que Toulouse n’apparaisse plus sur les panneaux?
(silence)
- Et meeeeeerde.
Ce soir, au Camp Nou, Barça 1 - Real Madrid 1.
Le résultat est médiocre, on aurait du les écraser et achever la Liga.
Heureusement, le contexte de visionnage a égayé le match.
Pendant que ma mère et trois amies qui étaient venues lui remonter la morale insultent le mari de Victoria et autres stars gallactiques, Az et moi servons les Gin Tonic, tartinons le foie gras, et coupons le jabugo.
Regarder du foot avec Carrie, Samantha, Charlotte et Miranda quinze ans après, ça a quand même plus de gueule...
Asbel, prince impérial de Péjite, qui le lui gentiment prêté.
Il fallait que le surnom renvoie à un des personnages qui ont bercé mes nuits d'ado et de jeune adulte.
Ça aurait pu être aussi :
L'Homo Asbelus a son Oueb-univers :
L'Homo Asbelus aime les statistiques :
Don JOSÉ MARÍA AZNAR LÓPEZ, retraité, ancien président du gouvernement, ancien inspecteur des impôts, légionnaire du Christ et dépositaire de la mémoire du Caudillo, emploie dorénavant son temps libre et ses dons en comptabilité à surveiller mes visiteurs :
Il profite aussi de sa retraite pour bûcher son anglais. Jugez-en vous même :
L'Homo Asbelus aime la musique :
Pochettes clickables...
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"Wake up! Wake Up! On a saturday night!"
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"E'pain is different" (dixit Manuel Fraga, un jour où il était inspiré.)